3 QUESTIONS à TANIA MAMERT, 24 ans, en CAP AEPE à la maison de la petite enfance de SAINT Quentin.

A gauche : Mallaury Wery ex-apprentie en CAP AEPE de l’UFA Saint Vincent de Paul (Soissons) ; diplômée aujourd’hui et en remplacement congé maternité à la Maison de la Petite Enfance de saint Quentin. A droite : Tania Mamert

Racontez-nous ce qui a changé dans votre travail à la Maison de la Petite Enfance depuis le 17 mars, date du début du confinement ?

On a appris le vendredi 13 mars que les crèches seraient fermées et notre directrice a pris l’initiative de nous réunir le lundi suivant pour nous expliquer ce qui allait se passer et ce qui allait changer dans les conditions d’accueil. Elle nous a annoncé qu’en tant qu’établissement de la Ville, la Maison de la Petite Enfance était réquisitionnée pour accueillir des enfants du personnel soignant, qui n’étaient pas normalement inscrits dans notre crèche. À la suite de cette grande réunion d’équipe, nous avons nettoyé toute la crèche pour nous préparer à les accueillir. La première semaine ça n’a pas été simple parce que les enfants n’étaient pas très nombreux, donc nous fonctionnions en équipe ultra restreinte, mais à la fin de la semaine, le nombre d’inscription a fortement augmenté, alors la directrice a rappelé du monde pour renforcer les équipes de façon à offrir des conditions d’accueil conformes aux normes.

Comment avez-vous géré dans l’urgence l’accueil de ces enfants de soignants qui ne vous connaissaient pas ?

Les premiers jours ça s’est plutôt bien passé car un des enfants accueillis était déjà chez nous avant.  Ensuite trois autres enfants que nous ne connaissions pas sont arrivés, mais tout s’est bien déroulé aussi parce qu’ils étaient déjà habitués à être en crèche. Même si dans l’urgence nous n’avons évidemment pas pu mettre en place de période d’adaptation, il n’y a eu aucun souci. Une autre petite fille a été intégrée un peu plus tard. Pour elle n’avait jamais mis un pied à la crèche, la directrice a prévu une petite période d’adaptation avec les parents pour lui laisser le temps de s’habituer. Nous avons pris le temps nécessaire pour beaucoup parler aux parents afin de les rassurer et cela a bien fonctionné. Je n’ai pas ressenti plus d’inquiétude que ça et tout s’est très bien passé.

Les mesures d’hygiènes sont déjà habituellement drastiques dans les structures d’accueil des tout-petits. Comment avez-vous mis en place les fameuses « mesures barrière » au sein de la crèche ?

La première mesure a été de restreindre fortement l’équipe. Nous sommes passé d’un effectif d’une vingtaine d’auxiliaires et d’aides auxiliaires à 4 par section (Bébés, Moyens, Grands) plus l’équipe de direction. Nous faisons un roulement par équipe. Comme notre structure est rattachée à la Ville, c’est la mairie qui nous a donné les instructions à suivre. Au niveau vestimentaire, nous portons nos tenues professionnelles que nous changeons tous les jours et que nous lavons sur place pour éviter de les ramener à la maison. Dans la structure nous utilisons une pièce par section contre 3 pièces habituellement. Nous avons aussi réduit au maximum le mobilier et les jeux et nous avons installé des bidons de gel hydro-alcoolique à chaque entrée de section pour les parents ainsi qu’à l’entrée de la crèche et un peu partout dans la structure aussi pour nous. Les parents n’ont plus le droit d’entrer dans la section, nous avons installé une barrière devant les sections et nous avons également demandé aux parents de fournir une tétine supplémentaire qui reste toujours sur place pour éviter que les tétines fassent des navettes inutilement risquées entre la maison et la crèche. Nous avons des masques et des gants à disposition dans la section mais nous n’avons pas reçu la consigne de les porter systématiquement. Ce n’est pas évident de les garder en permanence, surtout avec les bébés à qui cela peut faire peur de ne pas voir nos visages. Pour la distanciation recommandée d’un mètre, c’est un peu plus compliqué avec des tout-petits, les plus grands comprennent un peu mieux d’autant que leurs parents travaillent dans le médical, donc ils sont déjà sensibilisés à cette nouvelle distance entre les personnes. D’ailleurs, un des petits demande tous les soir à sa Maman de mettre du gel sur les mains en partant le soir. Tous les matins, quand nous les accueillons, nous avons un lavabo à hauteur d’enfant dans notre section où nous les emmenons se laver les mains. C’est devenu un rituel.

La vie continue…

Pendant que les parents-soignants sont « au front », tout est donc au carré pour accueillir les tout-petits dans des conditions optimales de sécurité. Et la vie poursuit son cours presque normalement…Animations et ateliers sont mis en place à la Maison de la Petite Enfance pour continuer à veiller et éveiller les enfants du personnel soignant. En témoigne cette vidéo d’un Atelier de sensibilisation à la langue des signes réalisée à la demande de la ville de saint Quentin pour réchauffer le cœur des parents afin qu’ils puissent garder le lien malgré le confinement avec les activités proposées à leurs enfants pendant qu’ils travaillent.

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Tania Mamert : « Le langage signé fait partie du projet pédagogique de la crèche. Depuis l’année dernière, nous avons accueilli 2 enfants malentendants, donc nous avons commencé à étudier la langue des signes. C’est un outil de communication super intéressant à proposer aux enfants afin de faciliter la communication avec les tout-petits qui ne parlent pas encore bien. Cela nous permet de prendre en charge plus facilement les émotions, de diminuer la frustration quand la compréhension se fait difficile entre l’adulte et l’enfant. Les petits s’approprient assez facilement ce mode de communication, j’ai observé dans la section des Moyens des enfants qui ont débuté l’apprentissage du langage signé chez les Bébés qui signent assez facilement les mots qu’ils ne savent pas encore dire comme « gâteau », « biberon » ou « tétine ». »

Malgré les conditions de travail plus tendues liées à la situation de crise du COVID19, Tania Mamert est une apprentie plus motivée que jamais par son choix professionnel. Elle travaille depuis plusieurs années auprès des enfants et cette expérience confirme sa vocation. Même si elle appréhendait un peu au début de travailler dans ces conditions, sans adaptation, avec des enfants qu’elle ne connaissait pas, force est de constater que cela se passe très bien. Le contact avec les enfants reste authentique et elle a surtout pu éprouver sa propre capacité d’adaptation entourée par une équipe de collègues plus soudée que jamais et dans la bonne humeur… contagieuse, si…disons-le !

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